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L'île des Sylphides II


XVII - Exfiltrées -


L'après-midi est bien entamé quand on sonne à la porte. Encore une nouvelle épreuve ? J'espère bien que non. Mais chaque fois que quelqu'un entre dans cet appartement, c'est pour nous faire subir d'autre contraintes, d'autre choses pas agréables. Je regarde Gwendeline qui me semble aussi inquiète que moi. Je la regarde dans le miroir, car je ne peux pas tourner la tête. Dire que l'on va devoir rester immobile durant toute la fêle de cette Mélusine. C'est trop.


La porte claque, suivit de cris. Quoi encore...

Et... ho oui... Mademoiselle Sophie...! Elle est suivie des deux surveillantes encadrées par Delphine et Estelle. Mademoiselle Ethel ferme la marche.

Comment sont-elles arrivées ici ? C'est merveilleux.

"Ho Mademoiselle" dit Gwendeline. "C'est merveilleux de vous voir. On avaient si peur que vous ne puissiez pas nous retrouver."

Je rajoute "Regardez ce qu'elles nous ont fait subir. Leur doctoresse, nous a massacré nos pieds, on peut à peine marcher. Alors, comme on ne peut plus se tenir debout, elles ont décidé de faire de nous des statues de plâtre."


Delphine nous inspecte et dit. "Mademoiselle regardez leurs pieds, la cambrure est trop forte, c'est anormal."

Je lui dis "Oui, on ne pouvaient plus se tenir debout. Mélusine était en colère. C'est elle qui a décidé de faire de nous des statues, puisqu'on ne pouvaient plus rester debout ou marcher."

Mademoiselle Sophie, dit. "C'est une merveilleuse idée, une réalisation remarquable. J'ai bien envie de vous laisser ainsi. Oui, vous êtes très belles en statue classique."

Je n'aime pas trop cette remarque...


Estelle demande. "Mademoiselle, que fait-on des deux surveillantes ?"

"Enlevez leur bâillon, qu'elles nous disent pourquoi elle porte un collier si étrange et un bâillon !"

Les deux surveillantes font de grands signes, elles sont paniquées. L'une d'elles se précipite vers un petit bureau, et fouille frénétiquement le tiroir. Un papier, elle écrit rapidement et tend la feuille.

"Si on enlève le bâillon, le collier prévient Madame Mélusine, qui peut par télécommande, nous infliger une décharge électrique."

Elle continue sur une autre feuille.

"Elle peut nous localiser et le collier est fermé par un code. Si vous l'ouvrez, même avec le code, le collier enverra un message d'alerte à Madame Mélusine."

Mademoiselle Sophie demande.

"Fermé par un code, mais ou est-il ?"

Et sur la feuille. " C'est Madame Mélusine qui le garde."

"Bien ! " Dit Sophie. "Il faudra les attacher pour qu'elles ne puissent pas donner l'alerte."

La surveillante écrit de nouveau.

"Mademoiselle, je vous en supplie, emmenez nous avec vous. Mélusine nous garde prisonnière et nous a obligées à garder vos deux poupées. Mais elle est épouvantable, nous avons très peur des représailles après la libération de vos poupées."

Sophie dit "Oui, mais il faut que l'on puisse ouvrir votre collier, sinon, Mélusine pourra vous pister."

Delphine dit "J'ai déjà utilisé un collier de ce genre, il y a longtemps. Mais je me souviens qu'à la première utilisation, il y avait un code usine de secours. Il me semble que c'est "password" suivi du nom du modèle de collier."

"Et quel est le modèle de ce collier. ?"

"Je ne sais pas Mademoiselle, il est inscrit à l'intérieur du collier et il est fermé. Je fais une recherche sur internet."

Il faut du temps, retrouver la marque et le modèle parmi plusieurs colliers qui se ressembles.


"Voilà, je pense que c'est le modèle MK128b. Je suppose qu'il faut saisir le code "passwordMK128b". Si elle ne l'a pas changé... J'essaye."

"NON !!! N'y touche pas. Cela préviendrait Mélusine. On essayera au dernier moment. Le temps qu'elle réagisse, on sera loin. Dans un premier temps, nous allons charger les deux statues, comme l'a prévue Mélusine. Dans des caisses et dans leur fourgon au sous-sol. Les surveillantes nous accompagneront. Ainsi, si Mélusine a prévu une surveillance, le déménagement des statues dans leur caisse, paraîtra normal."


Les caisses sont faites de quatre panneaux, fixés au socle par des boulons, et un cinquième panneau au-dessus. Je suis dans le noir complet. Je sens que l'on fait rouler ma caisse. Un petit choc probablement en sortant de l'appartement. Le bruit de l'ascenseur et une série de petits chocs au moment d'entrer dans cet ascenseur. On me fait rouler encore un moment. Ma caisse s'incline fortement juste avant l'entrée dans la camionnette, que je repère aux bruits. J'entends un autre bruit de roulement et je ressens de légers mouvements. La caisse de Gwendeline est entrée aussi.


J'entends Delphine dire.

"Mademoiselle, je pense que c'est le moment d'essayer d'enlever leur collier. Si Mélusine, leurs fait porter un tel dispositif, c'est qu'elle ne fait pas confiance à ces deux filles."

"Oui allez y, nous démarrerons juste après l'ouverture des colliers. Mais si ça ne marche pas, on devra les laisser sur place."

Delphine essaye sur le premier collier, avec le mot de passe "passwordMK128b".

"C'est bon Mademoiselle Sophie, un voyant est passé au vert et le collier est ouvert. Je m'occupe du deuxième... C'est bon aussi. Je les libère des bâillons et des colliers."

"Jetez-les dans une poubelle. Je ne veux prendre aucun risque."

"Voilà ce qui arrive quand on oublie de changer les mots de passe." Dit Delphine en riant.


Et la camionnette démarre aussitôt, un peu rudement.

"Delphine, vous pouvez contacter votre passeur."

"Oui mademoiselle Sophie, mais il ne prend pas de passager."

"Je le sais, nous voulons faire sortir en contrebande deux statues, qui ne sont même pas Thaïlandaises."

"Oui Mademoiselle, je le contacte."

"Bien Delphine, je vais contacter notre hydravion, qu'il se prépare à un rendez-vous en pleine mer, au sud de la Thaïlande"

"Mademoiselle, j'ai un rendez-vous au nord du port de Chabang, après le port pétrolier. Le rendez-vous est devant le stade de foot Sriracha Arena à vingt kilomètres. On le trouvera facilement en prenant la voie rapide qui traverse la zone portuaire, en se dirigeant vers le nord."

"Un stade ?"

"Oui, il est facile à trouver. De là, il nous guidera vers un petit port. Il veut rester discret sur le lieu exact."

"Et il pourra faire le transbordement sur mon hydravion en pleine mer ? "

"Oui, ils ont l'habitude pour des marchandises de contrebande."


Après une bonne demis heure de route, la camionnette s'arrête.

"Suivez-moi !" Avec un accent inhabituel pour moi.

On redémarre, mais avec plus d'arrêts et de virages.

Le bruit du véhicule change, ça résonne comme dans un grand espace clos. Je pense que l'on est dans un hangar.

"Garez-vous ici, que l'on ne puisse pas vous voir."


La porte s'ouvre, ma caisse est déplacée. Je me sens soulevée, et emportée, puis posée sur le sol. On est à l'extérieur, c'est sûr. Quelqu'un tripote la caisse, des bruits de chaînes, de crochets. Et brutalement, je monte à toute vitesse, pour redescendre presque aussitôt dans un endroit où les bruits sont assourdis.

Je me rappelle les consignes. Pas un bruit, pas un cri. Mademoiselle Sophie, nous a épargné de porter un bâillon, à condition de rester très discrètes. Je suppose que Gwendeline a pris le même chemin que moi.


Une ou deux heures passent sans bruit et d'un coup, un bruit énorme d'une lourde porte métallique, puis plus rien.

Cela fait un moment que je n'entends plus rien. Un moment, mais combien de temps ? J'attends...

Un bruit sourd, comme un ronflement continu. Une légère vibration. Enfermée et fixée solidement au fond de cette caisse, totalement immobilisée par les multiples couches de plâtre. Je suis une statue qui vibre légèrement. Mais le plâtre rigide, me fait vibrer tout le corps. C'est une vibration continue, qui dure, dure encore...

J'ai soif, et je n'ai qu'une bouteille d'eau reliée par un tube dans la bouche.


Combien de temps, c'est aussi pénible que le voyage de notre enlèvement par cette Mélusine.

Je dors, je me réveille, et je finis par m'endormir encore, figée dans une posture inconfortable, plâtrée des pieds à la tête. C'est long... et cette vibration continue... j'ai soif, ma bouteille est vide...

La vibration a changé, elle est devenue très lente, comme un gros moteur au ralenti.

Des bruits de chaîne, je suis soulevée et balancée dans tous les sens. Ho... je descends, je tombe... Arrêt brutal, je suis ballottée secouée, et couchée sur le flanc gauche. Le calme revient. Juste un balancement, comme sur un petit bateau.


"Attachez bien les deux caisses ensemble, nous allons décoller."

J'entends des bruits de frottement sur ma caisse.

"C'est bon, les caisses sont arrimées."

Un bruit de moteur d'avion qui démarre. Une accélération, je suis secouée rudement et soudains le calme. L'avion a décollé.

Et enfin une voix que je connais Mademoiselle Coralie, la corsetière attitrée de Mademoiselle Sophie. Mais comment ?

"Bonjour mes belles, encore un peu de patience. Cet avion nous emmène directement dans l'île des Sylphides. Mesdemoiselles Sophie, Estelle, Delphine et Ethel viennent de décoller de Sydney. Elles arriveront quelques heures avant nous."

"Mademoiselle, je voudrais sortir de cette caisse, aidez nous s'il vous plaît."

"Je voudrais bien, mais il faut des outils pour ouvrir les caisses. Encore un peu de patience, et vous serez libre."

"Et on nous sortira de nos plâtres ? "

"Ca mes chéries, c'est Mademoiselle Sophie qui décidera. Patience, l'île des Sylphides n'est plus très loin."








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