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Ce soir nous allons à l'opéra. Enfin
ce qui en tient lieu. C'est de l'autre côté du fleuve,
dans le quartier impérial et mes hôtes sont
terriblement excités. Pour moi la soirée commence
sous la barre de laçage, où je suis attachée
par les poignets et hissée sur la pointe des pieds pour que
le corset soit ajusté au plus serré sur ma chemise
festonnée. Il est vrai que la position rend la cage
thoracique plus à même de se plier aux contraintes du
corset. Le seul problème, c'est que la soirée est
importante et que mon tour de taille doit faire honneur à
mes parents, même temporaires ; donc je dois rester une bonne
heure attachée sans même pouvoir me plaindre, le temps
que les indestructibles lacets cambrent et réduisent ma
taille aux quarante-six centimètres admissibles et ce lors
de plusieurs tractions capables de briser un
éléphant. Les caméristes me laissent reprendre
mon souffle puis repartent à la charge.
Mes bas sont bien tirés, avec les huit
jarretelles, ils ne risquent pas de tirebouchonner. Je dois encore
mettre le cache-corset en dentelle ; la sorte de short court et
ouvert qui tient lieu de culotte ouverte, les jupons, la structure
en métal ultra léger pour soutenir la crinoline,
l'indispensable parfum, les escarpins aux talons recouvert de
feuille d'or, de quatorze centimètres. Sophia, comme
convenu, à bien positionner les chaînettes de mes
chevilles au-dessus de mes bas, mais je me demande bien qui pourra
voir ce détail.
La robe est déposée sur moi par le
haut. Je dois reconnaître que c'est une robe magnifique,
pleine de rubans et de noeuds, dont la blancheur
égayée de rose, me met parfaitement en valeur.
J'attends toujours patiemment que l'on me maquille pendant que l'on
talque mes mains pour arriver à faire glisser les gants en
satin fin, jusqu'en haut de mes bras.
Un verre d'eau avec une pilule verte est le
bienvenu. Je rutile de bijoux, j'ai l'impression que ma poitrine
à doubler de volume, les drogues contenues dans la pilule
dissipent les dernières douleurs ; j'ai perdu la notion du
temps, je me regarde dans l'immense miroir, incrédule, comme
toujours, devant ma transformation physique.
_ Magnifique n'est ce pas ?
C'est la Duchesse, qui est encore plus magnifique
que moi, avec ce que je ne sais quoi de majesté en plus, la
taille impeccablement fine, les talons d'une hauteur impossible,
nimbée de l'éclat de ses bijoux.
_ Je me sens... transformée, maman.
_ Mais tu l'es, ma fille. Le professeur nous attend
dans la nef, me dit-il dans un grand sourire plein de fierté
pour moi.
Sophia entoure le haut de mon visage d'un bandeau
de résille blanche qui est à la mode cette
année. Cela m'aveugle un peu, comme une voilette, elle
enfonce les dernières épingles rehaussées de
diamants dans mes cheveux pour la tenir ainsi que la petite coiffe.
Elle me presse la main, gentiment.
_ Bonne soirée, Mademoiselle.
Nous empruntons un ascenseur pour arriver au sommet
de l'immeuble, il gèle depuis longtemps, je ne peux pas
courir jusqu'à la chaleur de la nef mais le coeur y
est.
Les gardes du corps prennent place aux
côtés du duc, leurs fusils brillent d'un éclat
particulièrement inquiétant dans la nuit. Le
professeur est superbe dans son uniforme. Il fait un sourire
amoureux à son épouse puis dévore des yeux les
perles qui ornent la peau de ma gorge.
_ Quelle curieuse contrée que la terre.
_ Pourquoi mon ami ?
_ Cette planète est capable d'engendrer des
jeunes filles aussi parfaites que notre Bettine et des
créatures aussi étonnantes que le prince Boris. Quand
je suis au conseil, je n'ai qu'une hâte : qu'il termine sa
machine quantique, mais quand je suis ici avec vous, je voudrais
qu'il n'y parvienne jamais.
_ Moi aussi, père. Mais je suppose que les
Atlans ne permettront jamais que je reste.
_ Les Atlans et les lois de la physique, je le
crains mon enfant. Il y aura d'ailleurs un Atlan ce soir, ils
aiment à entendre nos artistes.
Mon coeur ne fait qu'un tour. Je vais enfin voir
les maîtres suprêmes de la planète !
En attendant la nef s'envole accompagnée de
notre escorte et mon coeur fait un autre tour dans la poitrine.
Avec en plus la pression implacable du corset, je me demande si je
ne vais pas tourner de l'oeil. Pourtant le pilote manoeuvre en
douceur, je me cache derrière mon éventail pour
reprendre mes esprits, alors que les lumières fascinantes
des hautes tours du quartier de la noblesse s'effacent et que la
masse imposante du palais impérial grandit devant nous.
Des ordres brefs, des signaux lumineux au sol, avec
un léger choc, la nef capitonnée se pose sur l'aire
prévue à cet effet, devant l'opéra. La
passerelle en escalier se déploie, le duc prend le bras de
son épouse, j'ai un trac affreux. Monter des escaliers, ce
n'est rien, même avec des talons. Par contre les descendre
avec un corset, des talons et tout le poids de la pompe ducale,
voilà la première épreuve de la
soirée.
Heureusement qu'il n'y a personne pour nous
attendre, j'arrive en bas dans ma grande crinoline en retenant mon
souffle, réservant ma classe et ma distinction pour les
marches de l'opéra.
Car la noblesse entre en premier, cela me rappelle
les reportages sur le festival de Cannes, C'est la nuit, un tapis
rouge nous emmène dans la bâtisse impériale.
Une foule de gamma et de delta nous entoure, ils auront le droit de
suivre le spectacle sur des écrans géants, dans les
jardins de l'opéra. Peut être que le goût pour
l'art lyrique fait partie du bourrage de crâne officiel
?
En tout cas, ils sont là et ils nous
acclament alors que je monte lentement les marches, tellement
consciente des regards braqués sur nous. Le Duc
s'arrête, il fait un petit signe de main et son épouse
semble sourire à tout le monde. Une ovation le salue pendant
que l'huissier nous annonce. Visiblement je n'ai pas appris
à l'école la grande popularité de ma famille
d'adoption.
Le hall est immense, et heureusement vu la taille
de nos crinolines. Le brouhaha me semble indescriptible et je
regarde de tous mes yeux. Il y a ici les trois autres ducs en
titre, qui semblent beaucoup plus jeunes que le professeur, mais
aussi leurs épouses, qui même si elles sont
très belles, n'arrivent pas à la cheville de ma
"mère". Je me sens tout d'un coup très fière
d'être sa fille, même en rêve. Des Princes et des
Princesses sont également présents. Ils ont la peau
blanche des vampires, des cheveux roux comme le cuivre, il faut
aller leur rendre hommage et en même temps saluer ceux que
nous croisons. Je respire, j'ai repéré Dorine que
j'ai connu à l'institut. Elle me fait un clin d'oeil
malicieux. Elle sera peut être Duchesse un jour, en
attendant, elle est également la fille adoptive du duc
d'Orion. Un homme qui semble beaucoup plus redoutable que " mon "
professeur Calmette, et d'après elle, ce n'est pas qu'une
impression.
J'effectue à la perfection mes
révérences devant les princes et les princesses,
enfin j'espère. Carine n'est pas du genre à me faire
des remarques, par contre mon professeur d'étiquette oui. Si
j'ai mal fait, je le saurais demain. En attendant, je retrouve
enfin mon amie Dorine.
Les naissances autorisées dans la haute
noblesse sont rarissimes, les princes, les princesses, les ducs,
les duchesses, les comtes et les comtesses, les maquis et les
marquises, les barons et les baronnes, tous viennent des mondes
barbares ou presque. Et tous servent fidèlement l'empereur
par la grâce des machines à apprendre. Dorine
n'échappe pas à la règle. Cette beauté
blonde à l'opulente poitrine, vient, comme les autres, de la
partie barbaresque du territoire des humains. En attendant, elle me
prend par la main pour me montrer les plus beaux partis
présent ce soir.
Nous devons déjà rejoindre les loges,
le spectacle va commencer. Etre debout et corsetée est une
torture à cause des talons, Etre assise et corsetée
est une torture à cause du corset. Le plus étonnant
ce sont les fauteuils étudiés pour accueillir nos
crinolines, pas question de dossier hélas, la
rigidité du corset doit y pourvoir.
Le spectacle, ce sont les autres et comme tout le
monde, je joue avec mes jumelles. Je cherche à
repérer un possible comte qui d'après Dorine m'aurait
remarquée et tiendrait absolument à me
connaître puis, je me souviens de l'Atlan.
_ Père. L'Atlan est-il présent ?
_ C'est l'individu dans la loge impériale.
Ne le regarde surtout pas avec tes jumelles.
L'empereur n'étant pas là, la loge
est vide sauf... un moine ? En tout cas l'individu en question est
dissimulé par une capuche noire comme un moine capucin mais
entièrement en noir. Il me semble de corpulence
humaine.
_ A quoi ressemble t-il ? Je ne distingue rien dans
l'obscurité.
_ Ils ne sont pas faciles à décrire.
Ils sont comme nous pour l'essentiel mais avec une froideur
inquiétante... comme si toute vie les avait quittés
depuis longtemps.
Trois accords et la musique commence. Il y en a
pour trois actes et autant d'heures. C'est un mélange
hybride entre l'opéra et le théâtre, certains
passages sont joués, d'autres sont chantés et enfin
des ballets ponctuent les émotions des ténors et des
cantatrices. Les ballerines semblent venir de l'antiquité
avec leurs courtes tuniques, Ici comme ailleurs, seule la
lubricité du public masculin semble justifier l'existence du
ballet, la musique est belle mais totalement différente du
reste de l'opéra. Je ne connais pas assez la musique
classique de ma planète pour faire des analogies, en tout
cas, même si aucun instrument ne ressemble à un violon
ou à un piano, cela se laisse écouter sans trop
d'effort. Quand ça chante c'est différent et le temps
me dure que cela ne cesse enfin ! Evidement se sont ces passages ci
que le public préfère.
Heureusement il y a des entractes et c'est
là que l'opéra est agréable. Personne ne me
chaperonne, même si je ne suis sensée que me
dégourdir les jambes en faisant quelques pas dans les
couloirs, il n'est pas difficile de profiter de quelques instants
de tranquillité pour retrouver une amie ou pour faire
connaissance. Dorine m'a donné rendez-vous sous une arche un
peu à l'écart.
Je me pince la lèvre pour ne pas rire.
Dorine n'est pas là, à la place il y mon
prétendu prétendant. Si lui me trouve à son
goût, ce n’est pas réciproque. Il n'est pas
assez grand et ses traits sont trop mous.
_ Duchesse j'espère cet instant depuis des
mois.
Son baise-main est impeccable mais il n'y a que
deux semaines que je suis revenue dans la capitale.
_ Je ne suis pas encore Duchesse et vous ne me
connaissez que depuis une semaine.
Il éclate de rire, comprenant qu'il a perdu
la partie avant même le début du jeu.
_ Depuis des années en fait mais en
rêve.
_ Où est Dorine ?
_ Avec un autre ou avec une autre, je ne sais pas.
Restons bon ami, je vous en prie.
_ Que faites-vous dans la vie ?
C'est une question terrienne qui n'a rien à
faire là.
_ Je suis cadet à l'Académie des
Cadets. Je devrais être professeur ou administrateur... Ainsi
ce que l'on murmure est vrai, vous venez réellement d'un
autre monde ?
Je me retiens de rougir, je m'étonne
moi-même de ma maîtrise.
_ Je ne sais pas bien d'où je viens, tout
comme vous, Cadet.
_ Vous vous trompez, Bettine, je suis un premier
né, mes parents sont d'authentiques comtes.
Je dois reconnaître qu'il n'est pas
désagréable, mais il n'est pas celui dont je
tomberais amoureuse.
_ Et ce comte à un nom ?
_ Un prénom : Piotr; Pour vous servir.
Il me fait une très belle
révérence.
_ Vous serez à la fête de
l'équinoxe ?
_ Aurais-je suscité votre
intérêt ?
Je souris, mystérieuse, forcement.
_ Je crois que le deuxième acte va
commencer.
_ Alors montrer moi vos pieds.
_ Mes pieds ?
_ Vos délicieux petits escarpins, oui.
Je soulève le bas de ma crinoline.
Docilement.
_ Les chaînettes au-dessus du bas. J'ai une
vue perçante, et il me semble bien voir là deux
demoiselles enlacées, petite coquine.
Cette fois je rougis.
_ Il ne faut pas vous troubler pour si peu, vous
n'avez aucune idée des pratiques des Cadets entre eux
et...
Soudain, il blêmit.
_ Et ?
_ Ne vous retourner pas, il arrive.
_ Qui ?
_ L'Atlan ! Crie t-il silencieusement.
Moi je suis curieuse, je me tourne
légèrement.
L'Atlan est là, à la limite de ma
crinoline, ses yeux plongés dans les miens.
_ L'opéra reprend, Cadet.
C'est un ordre, mon jeune amoureux claque des
talons, s'incline et s'éloigne en proie à la
panique.
_ Vous ne tremblez pas de peur, Jeune terrienne
?
_ Si, enfin je crois.
_ Vos pieds sont charmants mais je ne désire
pas les voir.
Je laisse retomber la crinoline sur mes
escarpins.
Maintenant j'ai vraiment peur.
Ses yeux sont rouges comme ceux d'un démon,
sa peau est écaillée, dans un mélange de bleu
et de reflet doré.
_ Non je ne suis pas un reptile, ma langue n'est
pas fourchue. Je suis un Atlan et ceci est notre oeuvre. Vous allez
être en retard, allez rejoindre vos parents.
Aucune règle d'étiquette ne
précise l'attitude que l'on doit avoir en face d'un Atlan.
Je me contente d'une courbette, moi aussi je dois sembler avoir le
diable à mes trousses alors que je rejoins
précipitamment ma loge. Je me noie avec soulagement dans les
crinolines, les tenues d'apparats et les uniformes des cadets,
cherchant mon souffle et luttant contre les larmes.
Je m'évente fébrilement, je croise le
regard de Dorine, deux loges plus loin, qui me fais un petit signe
de main, s'imaginant sûrement que ce Piotr est à
l'origine de mon état. Comment les Atlans peuvent-ils
ressembler à des démons et avoir une voix douce
?
Je tente de me calmer, de me souvenir de tous les
détails que voudra connaître Boris. Une peau
écaillée, la taille d'un homme mais pas plus, les
hommes sont grands sur Boréa... Peut être même
que l'Atlan était plus frêle... mais dégageant
une impression de puissance incroyable.
« Ceci est notre oeuvre »
_ Il m'a parlée en français !?
_ Pardon ?
Moi aussi j'ai parlé en français et
le Duc ne me comprend pas.
_ C'est cette peste de Dorine, Père.
Il sourit.
_ Je suppose qu'un cadet avait pris sa place sous
les arcades.
_ Comment le savez-vous ?
_ Parce que moi aussi j'ai donné des
rendez-vous secrets sous ces arcades.
L'insolente manie que nous avons, nous les jeunes,
de croire que nous avons tout inventé. J'imagine mal le
professeur en uniforme de cadet donnant rendez-vous à la
future Duchesse, au même endroit, dans les couloirs de
l'opéra. Mon coeur se calme doucement, je n'ose même
pas jeter un oeil vers la loge impériale, là
où l'Atlan à la voix douce a dû reprendre sa
place.
L'acte suivant me permet de me calmer, même
si je trouve très contrariant que l'Atlan sache que je viens
d'une autre époque ou d'une autre planète. Même
ce Piotr se doute de quelques choses... Au second entracte je
voudrais bien rester tranquillement dans la loge mais un besoin
pressant m'oblige à me lever. J'espère bien ne
croiser ni Dorine ni Piotr.
Les toilettes sont des endroits spacieux, où
de silencieuses soubrettes brunes, tirées à quatre
épingles nous aident à nous libérer de nos
tracas, La culotte fendue permet la sauvegarde de notre
intimité. Je trottine pour rentrer dans la loge le plus
rapidement possible quand un appel m'arrête.
_ Bettine !
Je me retourne en croisant crinolines et
uniformes.
_ Jade !
Nous tombons dans les bras l'une de l'autre.
_ Tu es magnifique ! Lui dis-je.
_ Toi aussi, je suis vraiment contente de
retrouver, je ne connais personne ici.
_ Depuis quand es-tu ici ?
_ Nous sommes arrivés avant-hier avec mes "
parents ". C'est la première fois que je sors
habillée ainsi depuis l'institut.
_ Tu étais avec eux dans leur domaine du
Nord, non ?
_ Oui, Dans les rocheuses, C'est très froid
et très triste, je suis bien contente de venir ici,
j'espère que mon mari aura un domaine plus
méridional.
Le but de la fête de l'équinoxe est de
marier les jeunes nobles, qui doivent séduire leurs futures
épouses dans la soirée... Peut être que c'est
pour cela que les rendez-vous furtifs dans les couloirs de
l'Opéra sont aussi importants : pour que les jeunes
tourtereaux puissent se connaître un peu avant l'heure du
choix. En tout cas, il y a autant de garçons que de filles,
et tout le monde ressort en couple. De la même
manière, il y a autant de futur couple que de poste à
pourvoir dans la hiérarchie de l'empire. Personne ne
naissant naturellement ici, les titres ne sont pas
héréditaires mais fonction d'un classement complexe
au sein de l'école des cadets. Si on veut être duc, il
faut qu'un duché soit disponible et avoir les
résultats scolaires qui vont avec. La Duchesse doit
être charmante, c'est tout. Je ne pense pas être
Duchesse mais Comtesse, j'aimerais bien. Je suppose que Jade, dont
les parents adoptifs ne sont que Baron, partage le même
rêve.
_ Vu comme tu es mignonne, tu vas trouver un beau
mari, j'en suis certaine.
Elle rosit de plaisir dans sa robe un peu jaune,
certes plus richement pourvue de bijoux et de rubans que la mienne,
mais qui la met parfaitement en valeur.
_ Je suis moins belle que toi, mais peut-être
que j'aurais de la chance.
_ Nous allons nous revoir alors, pour la grande
répétition juste avant le Bal.
_ Oui, cela va être bien.
Elle me prend la main et approche son visage
fardé du mien, je trouve ses yeux bleus toujours aussi beaux
et doux malgré nos voilettes. Elle reprend :
_ Tu m'aimes encore ?
Sa question me prend par surprise, j'en ai les
larmes aux yeux.
_ Je t'aimerais toujours, Jade.
_ Alors je suis heureuse. Elle me fait un sourire
innocent.
_ A bientôt alors.
Elle disparaît dans les crinolines, comme
elle était apparut, je reste pétrifiée.
_ Ma fille, C'est l'heure.
La Duchesse m'a retrouvée.
_ Oui mère, je viens.
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