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A midi, nous déjeunons en terrasse si le
temps le permet. Les servantes nous servent enfin avec les
attentions dues à notre rang, par contre gare à la
punition si nous nous tâchons où si nous ne nous
servons pas correctement des couverts et des verres. Le fait de
porter un bâillon éviterait ce genre de risque s'il
n'était pas ôté par une surveillante avant le
repas. Reste la difficulté de la minerve. En fin de repas,
nous absorbons chacune trois pilules. Soi-disant pour faciliter
l'action des appareils à apprendre, je pense plutôt
que ce sont des drogues anesthésiantes pour nous
éviter de devenir folle.
L'après midi n'est que la
répétition de la matinée, les cours cessent
à quatre heures, la classe est réunie avec le
professeur principal, qui dans ce cas est une Baronne blonde, alors
que le reste du corps enseignant est composé d'hommes ou de
femmes châtains. Elle porte une robe magnifique et semble
tout à fait digne de figurer dans la cour impériale.
Le classement des punitions est établi avec une sanction
immédiate. Pour une fois je m'en tire plutôt bien et
j'abandonne sans regret le bâillon. Les filles qui ne sont
pas punies peuvent faire ce qu'elles veulent, par contre au moins
une élève par chambrée doit faire le
ménage de la chambre ; comme c'est toujours moi et que je le
fais correctement, ma popularité peut s'expliquer
auprès de mes trois amies.
Pour le dîner, nous avons le droit de
bavarder, il est donc toujours très animée. Mes trois
camarades venant du royaume barbare, je tente d'en savoir plus sur
celui-ci, sans aucun succès, comme si elles souffraient
d'une amnésie complète de leur vie avant l'institut.
Venant de la terre, je n'ai pas plus envie de leur raconter ma
triste vie d'avant. C'est horrible à dire, mais je ne
regrette ni mes parents ni quoi que ce soit. Si Boris n'arrive
jamais à nous faire rentrer chez nous, c'est tant mieux.
Nous bavardons donc de nos nouvelles passions : la vie à la
cour impériale et les potins de l'école.
L'institut est un ensemble de bâtiment, dans
le style impérial, c'est à dire sobre dans ses
lignes, mais ornées de mille détails comme les
immeubles classiques des années dix-huit cents à Lyon
: des avancées, des balustrades, des statuts d'animaux ou de
personnage mythologique. Les formes sont plus arrondies que
droites. L'intérieur est vaste et luxueux pour la petite
centaine d'élèves que nous sommes. Garnis de tapis,
de tentures, de mosaïques illustrant des scènes de
chasse ou de guerre le plus souvent, des guerres à
l'ancienne : à l'épée et à la lance.
Les meubles sont en bois sombre, souvent soulignés
d'incrustation en or, tout cela fait très début de
siècle avec des touches de modernismes étonnantes :
Si les instruments ménagers sont électriques, il n'y
a pas de fil, tout semble se transmettre par radio, même
l'énergie.
Avec la nuit tombante, vient un froid plutôt
glacial, il faut se dépêcher de rentrer. Assez
curieusement, une surveillante vient me chercher pour une
dernière obligation avant de pouvoir être
délacé pour la nuit. Tous les soirs, une
élève est tirée au sort pour punir la
dernière du classement, c'est à dire, invariablement
Sandra depuis un bon mois. Et ce soir, c'est mon tour. Je promets
de tout raconter à Dorine, à Laureen et à Jade
puis, je marche derrière la surveillante en me demandant
comment cela se passe.
Nous trouvons Sandra debout, les rênes
attachées à la rambarde d'un escalier, à
l'étage du bureau de la directrice de l'institut, ce qui me
met plutôt mal à l'aise. Je n'ai vu qu'une fois cette
femme blonde à mon arrivée ici, et rien que le
souvenir me glace d'effroi.
_ Conduisez la, Mademoiselle.
Finalement très intimidée, je saisis
les rênes, je donne une petite impulsion et
instantanément elle commence à marcher devant moi, je
tire un peu sur une rêne pour qu'elle prenne la bonne
direction et emboîte le pas de la surveillante.
Je suis subjuguée, Sandra marche à
petits pas gracieux, dans la limite de ce que lui permet la
longueur de la chaîne qui entrave ses chevilles, le port
altier et impeccable. Ses fesses légèrement rougies
par les coups de cravache reçus dans la journée se
déhanchent aimablement. Son tour de taille semble un
défi à la nature des choses. Elle obéit
à chacune de mes sollicitudes sur les rênes avec une
bonne volonté et une confiance étonnante. D'une
secousse, je la fais s'arrêter alors que la surveillante nous
ouvre la porte du bureau de la directrice. Je pense que je suis
beaucoup plus terrifiée que Sandra.
_ Notre petite terrienne, Entrez, Bettine.
Je fais une révérence, la directrice
est une marquise. Elle est debout devant son bureau, Elle porte un
tailleur en cuir, fort similaire à celui de Carine, la
duchesse du Septrion, l'épouse du professeur Calmette. Ce
qui me surprend le plus, ce sont les piercings de son visage. Dans
les années quatre-vingts, sur terre, cette pratique, devenue
courante par la suite, était totalement inconnue. Sur
Boréa, il est normal, dans la haute société,
de rehausser la beauté de son visage, chez les femmes, par
des mouches en or, qui sont des piercings dans les joues et au
autour des lèvres, en fait. Elle porte un petit diamant sur
l'aile de son nez, un petit anneau perce sa cloison nasale, portant
lui-même une petite perle de nacre, même sa langue est
ornée d'un bijou, des diamants sont incrustés dans
certaines de ses dents. Le reste est plus classique : des escarpins
noirs, vernis, aux talons vertigineux en argent, des gants noir, un
chemisier blanc à jabot, des bijoux, des bas noirs à
couture, ses cheveux coiffés dans de complexes chignons. Mon
coeur bat la chamade, je me demande ce qu'il va m'arriver.
_ Alors, notre planète vous plait ? Me
demande t-elle gentiment, avec un grand sourire.
_ Oh oui ! Madame la marquise.
_ Tu es charmante, viens ici que je
t'embrasse.
Un peu rougissante, je m'approche d'elle, elle me
saisit, me love contre elle, contre sa poitrine, son parfum
m'entoure, ses doigts gantés touchent mon visage et ma
taille, elle pose ses lèvres sur les miennes, comme
ça, son haleine fraîche et parfumée passe dans
ma bouche, comme sa langue qui entoure la mienne, je sens
distinctement le bijou qui la transperce.
C'est la première fois que l'on m'embrasse.
Et je m'attendais à tout sauf à cette indicible
douceur. La présence de ses lèvres sur les miennes me
manque déjà... Une petite tape sur mes fesses me
ramène à la réalité.
_ Que penses-tu de Sandra ?
_ Elle est magnifique et très
courageuse.
_ En effet, elle intégrera l'institut de
formation des servantes impériales en sortant d'ici, elle
sera au chevet de l'impératrice, de la reine et des
princesses avec le rang d'archiduchesse. Mais pour l'instant nous
devons la punir.
Elle saisit les rênes et l'entraîne
sans égard pour ses entraves dans la pièce attenante
à son bureau où trône un gibet : Assemblage de
bois précieux, de métal et de sangle pour maintenir
le cou et les poignets de la pénitente tout en exposant le
fessier. Avec le professionnalisme de l'habitude, la directrice
libère les bras de Sandra pour les entraver dans le gibet au
niveau de son cou. Le buste ployé, penchée en avant,
cambrée malgré tout à cause du corset, les
jambes bien droites, elle nous expose ses fesses déjà
meurtries par la journée. La marquise me présente un
martinet à manche en ivoire.
_ Douze coups au minimum.
Je ne sais pas comment faire, mes premiers coups
sont hésitants et maladroits, je ne sais pas comment doser
la force, à chaque fois, Sandra gémit malgré
son bâillon : elle se cabre dans son carcan, ses fesses se
crispent dès que les lanières sifflent dans l'air et
se détendent après l'impact, évidemment je
prends de l'assurance et je trouve finalement la situation
très plaisante, C'est par un effort de volonté que je
m'arrête en contemplant les zébrures qui
décorent maintenant son fessier. Un peu honteuse, je regarde
la directrice en quête d'approbation ou de reproche.
Elle me sourit.
_ C'est très bien, Bettine, tu peux
retourner dans ta chambre.
Evidement je ne raconte pas le baiser à mes
camarades de chambre.
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